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Le squash en complément du tennis

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Le squash en complément du tennis

Les règles du squash tiennent en une page, et leur découverte demande à peine dix minutes de lecture avant une première séance. Cette simplicité apparente explique le succès de la discipline auprès des joueurs de tennis en hiver : quatre murs, une raquette légère, une balle qui ne sort jamais du terrain, et une intensité qui rend les vingt premières minutes mémorables.

Le rapprochement entre les deux sports va au-delà de la commodité. Le squash développe des qualités que le tennis sollicite sans les entraîner directement : la vitesse de replacement sur des distances très courtes, la lecture d’une trajectoire après rebond de mur, la capacité à répéter des efforts explosifs sans récupération. Il présente aussi des risques de transfert négatif, qu’un joueur averti sait neutraliser.

Les règles du squash pour une première découverte

Joueur de squash frappant la balle contre le mur frontal dans un court ferme

Le terrain est une pièce fermée de 9,75 mètres de long sur 6,40 mètres de large. Les quatre murs sont jouables, mais un seul compte vraiment : le mur frontal, celui que la balle doit toucher avant de retomber au sol. Toute frappe qui n’atteint pas ce mur, directement ou après avoir rebondi sur un mur latéral, fait perdre le point.

Trois lignes délimitent la zone valable sur le mur frontal. Une bande métallique en pied de mur joue le rôle du filet au tennis : une balle qui la touche est faute. Une ligne haute marque la limite supérieure, au-delà de laquelle la balle est sortie. Une ligne intermédiaire ne concerne que le service.

La règle de base tient en une phrase : après la frappe de l’adversaire, la balle doit être renvoyée vers le mur frontal avant d’avoir rebondi deux fois au sol. Elle peut être prise directement de volée, ou après un rebond. Elle peut emprunter n’importe quel mur avant ou après avoir touché le mur frontal, ce qui ouvre un répertoire de trajectoires que le tennis ignore complètement.

Le service se déclenche depuis l’un des deux carrés latéraux, un pied au moins à l’intérieur. La balle doit atteindre le mur frontal au-dessus de la ligne intermédiaire, puis retomber dans le quart de terrain opposé. Le serveur qui gagne le point conserve le service et change de carré ; s’il perd le point, le service passe à l’adversaire.

Le comptage : onze points et point à l’échange

Le système moderne repose sur le point à l’échange : chaque échange donne un point, quel que soit le camp qui servait. Cette logique diffère de l’ancien comptage, où seul le serveur pouvait marquer, et rend les parties beaucoup plus lisibles pour un débutant.

Un jeu se remporte à onze points, avec deux points d’écart. À 10-10, la partie se prolonge jusqu’à ce qu’un joueur creuse cet écart : 12-10, 13-11, et ainsi de suite. Un match se dispute généralement au meilleur des cinq jeux, soit trois jeux gagnants, ce qui donne des rencontres de trente à cinquante minutes.

ÉlémentTennisSquash
Comptage d’un jeu15, 30, 40, avantage1 point par échange, jusqu’à 11
Structure du matchsets et jeuxjeux gagnants, souvent trois sur cinq
Limite du terrainlignes au solmurs, la balle reste en jeu
Rebonds autorisésun seulun seul avant renvoi vers le mur frontal
Durée moyenne1 h 15 à 2 h30 à 50 min
Distance parcouruelongue, en largeurcourte, très répétée

La particularité la plus déroutante pour un joueur de tennis concerne l’occupation du terrain. Les deux adversaires partagent le même espace, ce qui crée en permanence des situations de gêne. Lorsqu’un joueur ne peut pas frapper sans risquer de toucher l’autre, il annonce un let et le point est rejoué. Si la gêne a privé le joueur d’un coup gagnant évident, l’arbitre ou les joueurs eux-mêmes attribuent directement le point. Cette règle, plus subtile qu’elle n’en a l’air, constitue la principale source de discussion entre partenaires débutants.

Ce que le squash apporte au joueur de tennis

Chaussures de sport en salle et raquette de squash posees pres du mur

Le premier bénéfice est cardiovasculaire. La charge cardiaque d’une partie de squash dépasse largement celle d’un match de tennis de durée équivalente, faute de temps mort. Un joueur de tennis qui pratique une heure de squash par semaine en hiver constate généralement une meilleure tenue en fin de troisième set au printemps.

Le deuxième bénéfice concerne les appuis. Le squash impose une fente avant profonde à chaque récupération de balle courte, geste qui renforce les quadriceps, les fessiers et la mobilité de hanche. Le retour rapide vers le centre du terrain, après chaque frappe, développe exactement le réflexe de replacement que beaucoup de joueurs de tennis négligent.

Le troisième bénéfice est perceptif. Suivre une balle qui rebondit sur des murs affûte l’anticipation et la vitesse de traitement visuel. Cette qualité se transfère directement au retour de service et aux échanges rapides au filet.

S’ajoute un avantage pratique : la salle se joue par tous les temps. Un joueur qui ne veut pas interrompre sa saison quand les terrains extérieurs deviennent impraticables, détrempés ou gelés, trouve là une continuité d’effort que peu d’activités de substitution offrent.

Ce qu’il faut surveiller pour ne pas déformer son tennis

Le principal risque tient au geste. Le squash se joue avec un geste court, poignet très actif, coude proche du corps, sur une balle qui rebondit peu. Le tennis demande à l’inverse un mouvement ample, une chaîne de rotation partant des jambes et un poignet relativement stable au contact. Un joueur qui enchaîne plusieurs séances de squash par semaine sans compenser voit parfois son coup droit se raccourcir et son revers devenir cassé.

La parade est simple : conserver au moins une séance de tennis hebdomadaire pendant la période de squash, et consacrer quelques minutes de panier à retrouver l’amplitude du geste. Un entraîneur repère immédiatement ce type de dérive, un apport détaillé dans notre article sur le coaching.

Le deuxième point de vigilance concerne les articulations. Les fentes répétées sur sol dur sollicitent fortement les genoux et le tendon d’Achille, et la torsion permanente du tronc dans un espace réduit expose le bas du dos. Une mise en route sérieuse avant d’entrer sur le terrain devient donc encore plus utile qu’au tennis, sur le modèle décrit dans notre routine d’échauffement.

Troisième point : la sécurité oculaire. Une balle de squash frappée à pleine puissance dans un espace clos peut atteindre l’œil, et les lunettes de protection restent la seule prévention efficace. Elles sont obligatoires pour les jeunes dans la plupart des compétitions et vivement recommandées à tous.

Le matériel : peu de choses, mais les bonnes

La raquette de squash est nettement plus légère qu’une raquette de tennis, généralement entre 110 et 145 grammes, avec un tamis plus petit et un manche fin. Un modèle d’entrée de gamme se trouve entre 30 et 70 euros, ce qui suffit largement pour une découverte. Les critères de sélection ressemblent à ceux du tennis dans leur logique, poids, équilibre et rigidité, avec des ordres de grandeur différents ; la méthode de raisonnement est présentée dans notre article sur le choix d’une raquette.

Les balles se distinguent par des pastilles de couleur qui indiquent leur vitesse et leur rebond. La double point jaune, la plus lente, est réservée aux joueurs confirmés capables de la chauffer suffisamment pour qu’elle rebondisse. Un débutant a tout intérêt à commencer avec une balle rapide, à pastille rouge ou bleue, sous peine de passer sa séance à ramasser des balles mortes.

La balle a une autre particularité qui surprend les nouveaux venus : elle ne rebondit correctement qu’une fois chaude. Les deux ou trois premières minutes d’une séance servent donc autant à monter la balle en température qu’à préparer les joueurs, en frappant à mi-puissance contre le mur frontal. Une balle laissée dans un sac par temps froid reste inutilisable pendant un bon quart d’heure, ce qui fausse complètement le jugement d’un débutant sur sa propre technique.

Les chaussures doivent posséder une semelle non marquante, condition d’accès à la plupart des salles, et un bon maintien latéral. Une paire de tennis pour terrain dur convient rarement : elle manque de souplesse pour les fentes et sa semelle laisse des traces.

Doser les deux pratiques dans la semaine

Un joueur de tennis régulier trouve un bon équilibre avec deux séances de tennis et une séance de squash par semaine pendant la mauvaise saison, puis une réduction progressive du squash au retour des beaux jours. Cette répartition entretient le fond sans laisser le geste court s’installer.

Sur le plan technique, quatre coups suffisent à structurer une découverte. Le drive, frappé parallèlement au mur latéral et renvoyé profond, constitue la frappe de référence et représente la majorité des balles jouées. Le lob, haut et lent vers le fond, sert à récupérer du temps quand la position est mauvaise. L’amortie, courte et basse près du mur frontal, oblige l’adversaire à couvrir toute la longueur du terrain. Le boast, joué contre un mur latéral avant d’atteindre le mur frontal, permet de sauver une balle prise en retard dans un coin. Un joueur de tennis assimile les deux premiers en une séance, les deux autres demandent plusieurs semaines, car ils reposent sur des angles que le tennis n’utilise jamais.

Un compétiteur qui prépare une épreuve gagne à interrompre le squash deux à trois semaines avant l’échéance, afin de laisser le geste de tennis se réinstaller pleinement. La préparation d’une épreuve amateur, avec sa montée en charge et son affûtage final, est décrite dans notre article sur les tournois.

Pour un joueur de loisir qui cherche simplement à se dépenser et à casser la routine, la question ne se pose même pas. Une séance de squash procure en quarante minutes une dépense énergétique que peu d’activités égalent, et le plaisir de découvrir un jeu dont les règles s’apprennent en dix minutes mais dont la lecture tactique demande des années.